Le contrôle est le moteur des TCA. Pour s’en libérer, il ne s’agit pas de « mieux se contrôler », mais d’apprendre à relâcher la pression. Voici des pistes concrètes inspirées de l’approche de Lise Bourbeau.
1. La technique du « Observateur Bienveillant »
La blessure de trahison ou d’injustice nous pousse à juger sévèrement chaque écart. L’objectif ici est de dissocier votre identité de votre comportement alimentaire.
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L’exercice : Lorsque vous ressentez une pulsion ou une envie de restriction, imaginez que vous sortez de votre corps pour vous placer dans le coin de la pièce.
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La phrase clé : Dites-vous : « Je vois que mon ego a peur et qu’il essaie de me protéger en activant le masque du Contrôlant. Je l’accepte, mais je n’en suis pas l’esclave. »
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Le but : Créer un espace entre l’émotion et l’action.
2. Le dialogue avec la faim (Sortir du mental)
Le rigide ou le fuyard ne « ressent » plus son corps. Cet exercice vise à redonner le pouvoir aux sensations physiques plutôt qu’aux règles mentales.
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L’exercice : Avant de manger, posez votre main sur votre plexus solaire (au-dessus de l’estomac). Fermez les yeux et posez la question à votre corps : « De quoi as-tu faim physiquement là maintenant ? »
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L’astuce : Si la réponse est « de rien » ou « de tout », restez dans le silence quelques secondes. Le lâcher-prise, c’est accepter de ne pas avoir de réponse immédiate et d’écouter le murmure du corps plutôt que les cris de l’esprit.
3. Le rituel de l’Écriture de Libération
Pour les blessures d’humiliation ou d’abandon, les émotions sont souvent « avalées ».
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L’exercice : Chaque soir, notez toutes les situations de la journée où vous avez senti que vous avez « joué un rôle » pour plaire ou par peur.
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L’action : Une fois la liste terminée, respirez profondément et affirmez : « Aujourd’hui, j’ai fait du mieux que j’ai pu avec mes blessures. Je me donne le droit d’être imparfait(e). » Déchirez ensuite la feuille pour symboliser que vous ne portez pas ces erreurs le lendemain.
Pourquoi ces exercices fonctionnent ?
En pratiquant ces petits pas, vous apprenez à votre système nerveux qu’il est en sécurité sans avoir besoin de tout contrôler. Le lâcher-prise commence au moment où vous vous donnez le droit de ne pas être encore « guéri(e) » ou « parfait(e) ».
Le chemin vers la guérison est une série de petites victoires. Soyez patient avec vous-même, comme vous le seriez avec un ami cher.

